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Namibie 2010

Cet été, mais là bas c’est l’hiver, nous avons fait un petit tour de 18 jours en Namibie.

Mais pourquoi la Namibie ?

Bonne question souvent posée par nos parents et amis. Pour notre premier voyage en Afrique, nous voulions:

  1. voir des animaux. Possible dans tous les pays du sud de l’Afrique, mais le Parc National d’Etosha un des rares pouvant être visité avec son propre véhicule.
  2. voir de beaux paysages. Là encore, grand choix dans la région, mais le Namib, c’est quand même LE désert.
  3. voyager par nous mêmes pour rencontrer si possible un peu la population locale
  4. ne pas (trop) devoir faire attention à notre santé (malaria, fièvre jaune …) et ça, les médecins sont souvent surpris en le découvrant, la Namibie est un pays relativement sain (si on excepte les ravages du HIV et autres MST…). Ce n’est qu’au nord à la saison des pluies que la prophylaxie contre la malaria est conseillée.

C’est comment ?

Mââgnifique. Un autre monde. La découverte de l’Afrique pour nous : vaste, variée, colorée, aride, riche, pauvre. Et facile : la Namibie est beaucoup mieux organisée et équipée que nous l’imaginions. Ce n’est pas l’Aventure Sauvage, c’est juste une destination touristique peu connue, assez chère il est vrai, mais le rapport qualité/prix vaut définitivement le coup. Objectifs 1,2,3 et 4 atteints, avec une petite réserve pour les contacts avec la population, limités à la petite proportion active dans le tourisme.

Une surprise, car nous ne l’avions pas réalisé avant, c’est que la Namibie est profondément allemande. C’était une colonie allemande, mais le territoire est toujours en très grande partie en mains d’immigrés allemands, qui parlent allemand depuis des générations, engagent des stagiaires allemandes qu’ils épousent parfois ensuite, et préparent des recettes de cuisine allemandes en regardant Derrick devant la télé satellite allemande. Et comme une majorité de touristes sont germanophones, on se fait au moins aussi bien comprendre en allemand qu’en anglais, choisi comme unique langue nationale pour ne favoriser aucune ethnie du pays…

Le tour

Nous sommes partis d’un tour de 15 jours proposé par Sense of Africa (très bien) et vendu en Suisse par. Nous l’avons fait prolonger de 3 jours, ce qui s’est révélé un bon choix vu les très longues étapes. L’agence ITECE de Meyrin s’est occupée de tout à la perfection.

Mais ça a mal commencé : au lieu de dormir dans l’avion entre Zürich et Johannesburg, nous avons passé une nuit au Hilton de Zürich (chambres somptueuses) et à l’Emperor’s Palace de Johannesburg (presque aussi bien) aux frais de Swiss, car l’avion a eu 10 heures de retard, et nous avons raté notre correspondance pour Windhoek, où nous arrivons avec un jour de retard…

  • Okomintudu Guestfarm : 18’000 hectares anciennement dévolus à la chasse, désormais consacrés essentiellement au tourisme. Accueil très sympa. Chambres énormes et très confortables, seule piscine chauffée du voyage. Equitation. Excellente table d’hôtes, découverte des steaks de kudu et d’oryx, la meilleure viande en ce bas monde. Safari photo avec le fermier-gérant, presque aussi étonné et heureux que nous de voir deux girafes sur ses terres.  Moment inoubliable. Si vous cherchez l’aventure, prenez comme nous la D entre Windhoek et la farm à travers le plateau de Khoma plutôt que l’itinéraire recommandé : c’est deux fois plus long, mais beaucoup plus beau (« petit » 4×4 recommandé)
  • Wabi Lodge, dans la région du Waterberg. Le site internet est très complet et instructif sur l’écologie du domaine et son évolution de la chasse vers la conservation des espèces et le tourisme. Vastes et belles chambres bien équipées, trophées et cendriers-pattes d’éléphant en souvenir de la période chasse… Piscine, bonne cuisine. Safari avec un chauffeur+guide noir très intéressant, la seule réelle conversation avec un noir. Il amène quelques bottes de foin aux rhinocéros et aux hippopotames (les seuls que nous verrons) au point d’eau. Moment inoubliable No 2.
  • le camp Halali a le seul intérêt d’être situé au milieu du parc national d’Etosha. Les chambres sont très correctes, la piscine aussi mais l’accueil, le restaurant et le magasin sont aux mains de fonctionnaires profitant du statut de monopole des NWR : à quoi bon sourire aux clients et leur préparer de bons repas, vu qu’ils n’ont pas le choix ? Conseil : rien ne sert de payer (cher) un safari dans le parc en 4×4, le véhicule reste sur les routes que l’on peut parcourir soi même et on y voit les mêmes animaux : centaines de springbok, d’impala et de zèbrese, familles d’éléphants, de girafes. Moments inoubliables No 3 à 10. De plus, le spectacle est gratuit le soir au point d’eau éclairé du camp : séance d’intimidation entre 3 rhinos et 2 éléphants. Moment inoubliable No 11.
  • Etosha Safari Lodge est magnifiquement situé sur une colline à 10 km au sud d’un accès à Etosha. Belles chambres et piscines (mais froides…), bon buffet dans l’ambiance feutrée typiquement lodge. Personnel noir accueillant et compétent. Une bonne adresse.
  • Eileen Guestfarm est bien cachée dans les montagnes d’Erongo. Depuis une route D en mauvais état, il faut encore faire 5 km sur une route d’accès comportant 79 « humps », bosses destinées à éviter le ravinement. L’accueil et l’humour de Frederick et Rita s’y fait déjà sentir par de petits panneaux « encore un effort », « vous y êtes presque », « pas de panique, on peut passer sans 4×4 » etc. Chambres simples mais agréables, piscine, excellent repas et discussions animées par Frederick sur la faune, la flore, la géologie, la politique, pleine de petites phrases mémorable du genre « si vous avez encore faim, prenez de la viande, c’est ce qu’il y a de moins cher. Les patates sont importées d’Afrique du Sud, alors que la viande, elle coute une balle de fusil pour 50 kg … ». Frederick nous envoie à un « Living museum » des San, le peuple bochiman. Le sentiment d’être des touristes voyeurs disparait rapidement devant l’accueil et la gentillesse des San, dont on sent rapidement l’autenthicité : ces gens aiment leur mode de vie, ils ne le subissent pas. Rencontre inoubliable
  • A Swakopmund, mous avons logé à l’Orange House, un B&B qui s’agrandit au point de devenir un petit hotel. A deux pas du bord de mer et à 15 mins de marche du « Lighthouse », excellent pub&resto. Les meilleurs steaks d’oryx du voyage (350 g…) et les meilleures ribs de ma vie (800g) ex-aeco avec le Texas! Entre Swakopmund et le port de Walwis Bay se trouve une spectaculaire ligne de dunes très prisées par les touristes qui les gravissent à pied, en quad ou les survolent en montgolfière. Mais l’attraction à ne pas manquer, c’est une croisière à Walwis bay, évidemment à la voile pour nous. Des pélicans et des phoques peu farouches viennent sur le bateau s’exhiber et manger dans la main d’une très jolie accompagnatrice…
  • Ensuite nous avons logé à la ferme Nidersachsen, une ferme très isolée dans une zone très sèche en bordure du désert. Deux générations de fermiers nous accueillent dans des chambres simples, propres et confortables, mais l’activité principale est l’élevage de moutons Karakul pour la production d’astrakan. Le tour du domaine en 4×4 est spectaculaire, intéressant du point de vue botanique et géologique, mais nous voyons assez peu d’animaux, probablement en raison de la sécheresse.
  • Notre point de départ vers les fantastiques dunes_de_Sossusvlei a été Büllsport, une luxueuse guestfarm totalement convertie au tourisme, hébergeant en permanence une trentaine de touristes.
  • De retour à Windhoek, nous avons un peu de temps pour visiter la ville avant de rejoindre Etango Ranch, très agréable, mais dont l’intérêt principal est d’être juste à côté de l’aéroport pour notre retour le lendemain…

Logement : Lodges ou Guestfarms ?

En dehors des villes, il existe trois types d’hébergement en Namibie : les lodges, les guestfarms et les camps. Historiquement les choses étaient claires : les lodge accueillaient les riches adeptes de la chasse aux trophées dans le luxe pour des semaines, les « guestfarms » permettaient de passer une nuit d’étape confortable dans une ferme , et le camp permettait de planter sa tente sur un propriété privée ou dans un parc national, en bénéficiant d’eau et de sanitaires pour quelques rands.

Avec l’évolution du safari fusil au safari photo, le développement de la chasse dans les fermes et l’avènement du camping-car, les distinctions ne sont plus aussi nettes. D’abord, vous pouvez aller dans un lodge une nuit ou deux, sans chasser. Ou vous pouvez passer des semaines dans une « guestfarm » et chasser. Et vous trouverez à côté de chaque type d’établissement un camp. Les logdes et les fermes ont toutes deux des piscines, et vous proposent toutes deux des excursions ou des safaris photo sur leur domaine. Même au niveau du luxe il n’y a pas de distinction nette : dans certaines fermes vous trouverez des bungalows de 60m2 dont 10 pour la douche, tout confort, équipement moderne et décoration de très bon goût tout à fait digne d’un bon lodge.

La seule vraie différence, c’est le contact avec les autres clients et avec les namibiens, qui se matérialise au repas du soir. Dans un lodge, vous mangez à votre table individuelle, servi par du personnel local, noir ou blanc, bien formé. Si vous rencontrez le propriétaire, c’est quelques minutes à l’arrivée ou au départ. Dans une guestfarm, c’est le principe de la table d’hôte : le fermier et sa famille accueillent tous leurs clients à leur table et partagent leur repas dans une ambiance conviviale, animée et intéressante. Il faut dire que les fermes namibiennes sont très isolées, et que les contacts avec les touristes sont vitaux pour les fermiers qui ont le malheur de naitre extravertis…

Conduire

Un petit tour en Namibie, c’est 3500 km, donc plusieurs heures de voiture par jour, voire des journées complètes pour les grandes étapes. Si vous n’aimez pas conduire, prenez un tour organisé.

Si vous craignez de conduire à gauche, je vous rassure c’est moins difficile qu’on croit, avec une automatique du moins. Il faut surtout faire très attention aux intersections parce que d’instinct on regarde du mauvais côté. On s’arrête, on est en vacances, calme, on regarde des deux côtés, on réfléchit à la trajectoire qui nous amènera du côté gauche de la chaussée voulue, et on y va tranquillement. Dans les villes comme Windhoek ou Swakpomund, la densité du trafic avoisine celle d’un gros village de chez nous, donc pas de stress.

Commençons par LA bonne nouvelle :  les routes namibiennes sont très bien indiquées. A chaque intersection vous trouverez des panneaux clairs portant le numéro des routes, qui correspondent ô miracle à ceux indiqués sur les cartes, et en prime les distances vers les villes les plus proches, qui sont en même temps les distances vers les stations service les plus proches, donc les garages les plus proches, les distributeurs d’argent (ATM) et les médecins les plus proches. Informations importantes donc.

Autre relativement bonne nouvelle, environ 25% des routes, celles numérotées « B », sont goudronnées, bien droites, bien entretenues, on y roule à 100-120 km/h sans autre problème que les phacochères qui traversent la route totalement à l’improviste, et le risque de s’endormir sur les lignes droites de 20 km où on ne capte aucune station de radio une fois que tous les passagers dorment déjà. Les autres véhicules représentent un risque faible tellement il y en a peu, mais nous avons détecté quelques fangio locaux adeptes du dépassement sans visibilité. Il n’y a pas (encore) de routes « A » comme « autoroute », mais certains tronçons des « B » s’en approchent.

Mais 75% du petit tour typique se font sur des pistes de sable, de poussière, de cailloux, de trous, de bosses et le plus souvent de tout ça à la fois. Sur les routes « C » on peut espérer une moyenne de 80 km/h, mais il faut être très vigilant aux nombreux passages à gué ensablés, aux côtes caillouteuses et aux passages en tôle ondulée. Sur les routes « D », comptez entre 60 et 40 km/h de moyenne suivant le nombre de bacs à sable et de gros cailloux. Il parait que c’est nettement pire à la saison des pluies (décembre à mars) ou juste après (avril, mai) quand ces routes sont ravinées. Il y a aussi des routes « E » et « F », équivalentes à des routes forestières ou d’alpage de chez nous, 20 km/h si tout va bien.

Si vous n’avez jamais conduit sur sable mais que vous connaissez la neige vous ne serez pas dépaysé, les bons réflexes viennent d’instinct : pas de coup de frein, de volant ou de gaz violent, tout en douceur, on anticipe en ralentissant avant la difficulté, ce qui implique de toujours regarder la piste et de pouvoir s’arrêter dès qu’on ne la voit plus. Chaque mois en Namibie, plusieurs touristes paient de leur vie une petite inattention ou leur excès de confiance dans leur 4×4, donc les 3 règles de base sont : méfiance, méfiance et méfiance.

4×4 ou pas 4×4 ? Je dirais que ce n’est pas indispensable si on reste sur les pistes « normales ». A deux ou si votre budget bagnole est limité, prenez une VW Polo. C’est la voiture la plus appréciée des locaux, il parait qu’elle passe bien le sable grâce à son fond tout plat et au pire, légère, vous pourrez la pousser, tirer ou soulever facilement.  Un « petit » 4×4 comme le Subaru Forester que nous avions apporte surtout un peu de confort dans les cahots, mais permet aussi occasionnellement de choisir certaines routes « D » mal entretenues et d’accéder soi-même à certains sites des parcs nationaux comme les dunes_de_Sossusvlei, qui nécessitent impérativement un 4×4. C’est d’ailleurs le seul endroit où le Forester était un peu juste, mais ça fait tellement plaisir de passer quand même… A vous de voir si un « grand » 4×4 comme un Toyota Land Cruiser se justifie pour 10 ou 20 km sur 3500…

Et les photos ?

Les meilleures sont sur flickr

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