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Archive for the ‘Internet’ Category

Mon premier site web : prémonition !

8 mai 2008 1 commentaire

Je viens de retrouver par hasard un petit texte que j’avais publié en 1995 dans le journal du Microclub, dont j’étais le rédacteur. J’y annonçais la création de mon premier site internet (oui oui, en 1995…) et je terminais par une phrase dont je suis très fier, rétrospectivement :

Finalement, un petit pari sur l’avenir qu’on verra si je suis Nostradamus ou Elisabeth Tessier (un des deux se plante souvent, l’autre toujours) : Internet sera aux années 2000-2010 ce que le téléphone a été à ce siècle. Z’êtes abonnés au téléphone, non ?

Quand j’y repense, j’étais vraiment audacieux d’imaginer qu’en 2008 tout le monde aurait l’internet chez lui … Quelqu’un oserait-il faire une petite prédiction pour 2021 ?

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Catégories :Internet

Visite chez Google

29 janvier 2008 3 commentaires

Après un ou deux interviews téléphoniques, j’ai donc été convié à une journée d’entretiens chez Google à Zürich. Les 400 employés venaient de déménager dans de nouveaux bureaux flambant neufs. A la réception, je tape mon nom sur une bécane, tout le reste est automatique. J’attends un instant sur des canapés rouge bleus et jaunes à côté d’un flipper… Leila, ma (très) charmante recruteuse, me conduit à la salle « Mr. Burns » (le directeur de la centrale nucléaire des Simpsons…), une petite pièce de réunion très sobre par rapport aux lieux que nous venons de traverser, j’y reviendrai.

Là, j’ai eu successivement 5 tête-à-tête avec 2 programmeurs, 2 « tech leads » (le job pour lequel je suis pressenti) et le directeur technique. Les discussions sont très directes, ouvertes et franches. Pas de trucs bateau genre « quelles sont vos qualités et vos défauts ». Les questions sur le management sont essentiellement liées au « people management » : comment faire que tout le monde soit bien, comment dépister le « burn out » etc. Pratiquement rien sur le business à part des réponses à mes propres questions, peu sur la gestion de projet : une grande liberté est laissée aux « tech lead » pour organiser et gérer les projets de leurs « teams ».

Techniquement, les questions sont assez pointues, il faut écrire du code au tableau, le discuter et l’optimiser. En gros, tout tourne autour de la « scalabilité » : comment faire en sorte qu’un programme reste efficace avec une grande masse de données. Par exemple, la question commence comme ça : combien y’a-t-il de manières de payer Frs 23.85 avec des pièces de 1Fr, 50cts, 20,10 et 5 cts ? Flairant le piège, je me lance dans un peu de combinatoire, mais faute de formulaire sous la main, le développeur me force à sauter dans le trou: imbriquer 5 boucles for correspondant aux 5 valeurs des pièces, et incrémenter un compteur quand le total est bon. … ça marche mais …. Complexité ? ben O(N^5). Alors pour payer Frs 1’234’567’95 ça va faire quoi ? il faut mettre les plus gros ordinateurs du monde sur le coup pour plusieurs jours, mois, années ! Le programmeur admet que mon idée du début était pas mal… Gagné (je crois).

A midi je vais manger un morceau avec Simon, un sympathique australien qui bossait pour la boite qui a créé ce qui est devenu Google Maps. Après le rachat, Google lui a proposé un job, et il a choisi Zürich. Il me raconte la croissance spectaculaire en Europe : 50 personnes il y a 3 ans, puis 100, puis 200 l’an passé, 400 maintenant. Pour doubler encore cette année, Google Zürich doit embaucher 10 personnes par semaine ! Il évoque les problèmes de recrutement que ça pose. On imagine…

Après avoir mangé (gratuit pour tout le monde) et bu (gratuit), on va boire un café (gratuit). Ensuite il me fait visiter les incroyables locaux de la boite, illustrée par les jolies photos de « tiptoe » ci dessus : on peut discuter dans des lieux très variés incluant des télécabines, des igloos ou des oeufs, se relaxer dans des canapés de toutes forme, avec palme à la baignoire dans la salle des aquariums. Faire du sport dans un fitness, et même se faire masser (oui, oui, gratuitement …). Il y a même un toboggan pour descendre au restaurant plus vite !

Bref tout est fait pour créer une ambiance décontractée, genre campus universitaire, mais avec les moyens d’une boite qui brasse des milliards.

Travailler chez Google, c’est sans aucun doute une expérience unique. Même si ça causera un important changement dans notre vie familiale, je crois bien que si je reçois une proposition ferme et financièrement intéressante, je signe.

Catégories :Internet, Job, Suisse

Interview (chez) Google

4 décembre 2007 5 commentaires

Quelque chose qui fait très plaisir à l’égo d’un informaticien de haut niveau qui cherche du travail, c’est d’être contacté par Google pour rejoindre leur centre de recherche à Zürich. Après un premier téléphone de près d’une heure avec une personne des RH à qui j’ai proposé que Google investisse quelques milliards dans swissmetro pour raccourcir mon trajet, j’ai été très flatté d’être convié à l’un de leurs célèbres interviews téléphoniques, durant lequel un sympathique ingénieur m’a cuisiné sur divers sujets variés comme :

  • un petit casse-tête pour commencer : sur un bateau, il y a un gros rocher que l’on passe par dessus bord. Est-ce que le niveau du lac bouge et si oui monte-t-il ou descend-il ? Je réfléchis à voix haute en envisageant l’hypothèse de la pierre ponce et en citant mon ami Archimède et je trouve la solution : le niveau baisse.
  • un petit peu de C++ : différence entre une référence et un pointeur, gestion des objets dans STL et « smart pointers », un sujet auquel je m’étais intéressé, ça roule. Je m’embrouille quand même sur la question pourtant classique de la différence entre:
    • const int* foo() {…}
    • int const* foo() {…}
    • int* const foo() {…}
    • int* foo() const {…}

    j’ai un peu honte tellement c’est simple et me fais une raison : depuis 4 ans, mon C++ est un peu rouillé…

  • Un peu d’algorithmique avec la classique recherche des anagrammes d’un mot. Je bifurque sur la structure de ma librairie « DicoLib » qui permet de trouver très rapidement tous les anagrammes possibles d’un dictionnaire. Le googliste me colle quand même sur la question (à laquelle j’avais pensé à l’époque) du support des caractères exotiques comme Unicode, qui fait passer le nombre de lettres de 26 à beaucoup trop…
  • Suivent les questions « ouvertes » : que proposerai-je pour accélérer la sensation de vitesse de l’utilisateur qui surfe sur internet ? je pars dans ma grande idée de considérer le disque dur comme un gros cache du net utilisant les technologies peer-to-peer du genre BitTorrent en séparant les données « constantes » de celles variant rapidement à la manière d’Ajax, de façon à maintenir une copie locale du contenu internet fréquemment consulté par l’utilisateur, bref, un système de fichiers distribué qui serait une première étape vers un SASOS

Finalement, et quel que soit le résultat de cette démarche, cet interview m’a fait très plaisir et m’a quand même pas mal déstabilisé : on n’y parlé ni des clients, ni du marché très peu du produit, pas de vente ni de chiffre d’affaires, finalement pas un mot sur le business. Google m’apparait comme une entreprise « miraculeuse », une exception à tous les principes du management : les ingénieurs sont au pouvoir, et sous un avalanche de dollars ils peuvent s’éclater à créer l’informatique du futur. Wow.

Catégories :Economie, Internet, Job